Histoire clinique de Camille
Pour des raisons évidentes de confidentialité, les prénoms des enfants ont été changés.

Camille a été vue en 1ère consultation à l'âge de 13 ans pour un problème de douleurs du pied droit qui duraient depuis 2 ans.
Elle avait également été victime de phénomènes d'«entorse» de cheville (le terme entorse
est entre guillemets, car une entorse ligamentaire de type adulte est un accident très peu probable chez l'enfant, qui est presque toujors vitime d'une fracture de la zone de croissance du péroné).

Au cours des différents bilans réalisés, elle est allée voir un ostéopathe.

Ce dernier a bien entendu fait un diagnostic clinique de «déplacement d'un os du pied» et a manipulé le pied pour «remettre en place»...
Aucun examen complémentaire n'a été conseillé...
IL faut savoir qu'à cet âge, une luxation d'un os du pied, en dehors d'au traumatisme exceptionnel (accident de voiture par exemple) est quelque chose d'impossible !

Les douleurs ont bien entendu continué, et il a fallu attendre l'avis d'un kinésithérapeute (traditionnel et de bon sens), qui ne comprenant pas l'origine des douleurs, a conseillé de voir un médecine spécialiste.

Devant un tel tableau associant douleurs mécaniques du pied et accidents de déstabilisation de cheville, un chirurgien orthopédiste cherche en priorité une chose : une anomalie congénitale des os du pied, appelée synostose du tarse.

Un bilan radiographique et I.R.M. ont permis de mettre facilement en évidence une importante synostose du tarse avec contact anormal entre calcaneum et scaphoïde tarsien, à l'origne des douleurs et des «entorses».


Seul un traitement CHIRURGICAL pour résequer (enlever) la zone de contact anormale permettra de faire disparaître les problèmes de Camille.

Exemple radiographique de synostose calcanéo-scaphoïdienne à l'origine de douleurs et déstabilisation de cheville


1er problème :

La choix du circuit.
De plus en plus de personnes cèdent aux pressions familiales de leur entourage qui s'improvise médecin, parce qu'il a lu un article ou vu une émission ou croisé une autre personne qui savait...
L'effet mode de l'ostéopathie est pervers et représente une perte de chance (ici 2 ans de souffrance, de dispense de sport inutile).


2ème problème :

La médecine est un METIER qui ne s'improvise pas.
Ce métier s'apprend dans des circuits officiels qui s'appellent des Facultés de Médecine.
Les enseignements reposent sur des connaissances validées par les étude scientifiques non ésotériques.
Pour pouvoir diagnostiquer une maladie, il faut au moins savoir qu'elle existe, ce qui ne semblait pas être le cas de cet ostéopathe.


Conclusion :
Se faire diagnostiquer par un incompétent mal formé NE PEUT ABOUTIR A LA GUERISON EN CAS DE PATHOLOGIES ORGANIQUES.

Seules les pathologies non organiques (troubles fonctionnels) qui sont de plus en plus fréquentes peuvent réagir positivement au charlatanisme pseudo-médical de tout ordre, qu'il soit ostéopathique, homéopathique, auriculopathique,etc.
Les Français sont, rappelons-le, les premiers consommateurs MONDIAUX de produits psychotropes, et ne sont donc pas au top niveau du bonheur social dans le mode de vie actuel.

Il est toutefois curieux de constater qu'ils se détournent de leur médecine alors qu'elle est une des plus performante du monde, et qu'ils possèdent en plus le meilleur système de protection sociale de la planète...

Dans le cas de Camille, sa grande chance est celle de n'avoir eu "qu'un problème de malformation congénitale".
Imaginons une seconde que les douleurs aient été en rapport avec une tumeur cancéreuse, quelles auraient été ses chances de survie en cas de diagnostic retardé ?