Serge
est un jeune garçon vu pour la première fois à
l'âge de 13 ans pour donner un avis secondaire sur une scoliose
idiopathique (la scoliose classique de l'adolescence, sans rapport
avec une autre maladie).
Cette scoliose était connue depuis environ 3 ans, traitée
par kinésithérapie et "ostéopathie",
version "ostéopathie" crânienne.
Lors
de l'examen clinique initial, on pouvait voir un déséquilibre
des épaules de 2 cm, une bascule du bassin de 2 cm également,
un dos plat, une gibbosité (bosse en se penchant en avant)
de 2 cm à l'étage thoracique et 2,5 cm à l'étage
lombaire.
Un
ancien
bilan radiographique de la colonne totale réalisé un
peu moins d'un an avant retrouvait une scoliose thoraco-lombaire double
majeure dont l'angle de Cobb thoracique était de 32° et
l'angle de Cobb lombaire de 34°, c'est-à-dire déjà
très importante.
A ce stade, cette scoliose AURAIT DEJA DU BENEFICIER
D'UN TRAITEMENT ORTHOPEDIQUE PAR CORSET DE FACON URGENTE, après
réduction par plâtres sur cadre de Cotterell.
Pendant
8 mois, elle n'a été "traitée" que
par des manipulations du crâne.
Faut-il être inconscient ou à ce
point ignorant pour croire que des "papouilles"
de la tête vont corriger plus de 30° de désaxation
vertébrale osseuse, alors que l'on sait de façon sûre
et certaine, que même la kinésithérapie
classique SUR LA COLONNE n'a AUCUN EFFET pour diminuer les courbures
d'une scoliose !!!!!!!!!!
Un
bilan radiographique récent (réalisé 8 mois après
le premier) retrouvait malheureusement une aggravation
puisque la courbure thoracique était passée à
42 degrés (+10° en 8 mois) et la courbure lombaire est
passée à 56 ° (+22° en 8 mois).
Ceci
était pourtant totalement prévisible
en période de croissance pubertaire
du garçon et en l'absence de contention efficace, c'est-à-dire
de corset !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
A condition bien-sûr, d'avoir un minimum de connaissances médicales
sur le risque evolutif spontané des scolioses idiopathiques.
Ce qui ne semblait pas être le cas de cet ostéopathe,
qui n'a fait que regarder une scoliose s'aggraver en période
de croissance jusqu'à atteindre des valeurs CHIRURGICALES,
tout en encaissant l'argent des pseudo-manipulation ésotériques
de la tête.
Scandaleuse perte de chance, puisque
ce jeune garçon va avoir besoin en fin de croissance d'une
intervention chirurgicale lourde à risque neurologique
(ouverture de la colonne en arrière sur les 3/4 de sa hauteur,
destruction des articulations inter-vertébrales, ablation des
disques intervertébraux pour pouvoir "mobiliser pour de
vrai" les vertèbres, greffe osseuse entre les vertèbres,
stabilisation pat tiges métalliques, crochets et vis dans les
vertèbres, corset plâtré pendant plusieurs mois).
Cette
intervention et ce risque d'être paralysé à vie
auraient peut-être pu être évités si les
circuits traditionnels de la Médecine avaient été
respectés et si la Médecine était laissée
aux personnes formées pour la faire le plus sérieusement
possible !